philanthropie

La Tribune de Genève, 22 juin 2006, par Edouard Bolleter

Caritatif: la banque LODH joue les précurseurs
Entretien Thierry Lombard explique le «Charity Trading Week».

De prime abord, on imaginerait que c’est plutôt un duo improbable. Que beaucoup de choses les séparent. C’est au contraire une cause commune qui les lie. Thierry Lombard, associé de la banque genevoise Lombard Odier Darier Hentsch (LODH), et Matthieu Ricard, moine et écrivain bouddhiste d’origine française, ont présenté et défendu le «Charity Trading Week» qui a pris fin vendredi dernier. Une semaine durant laquelle une partie des commissions générées par le département Equity Brokerage de la banque sera reversée à une clinique népalaise (lire ci-contre). Thierry Lombard décrit l’engagement de la banque:

Comment avez-vous choisi le projet de M. Ricard ?

Nous nous sommes rencontrés au début de cette année, sur les conseils du photographe Yann Arthus-Bertrand. Le courant est passé et j’ai été sensible à l’engagement sur le terrain de Matthieu Ricard. C’est donc tout naturellement que nous avons porté cette année notre choix sur la clinique de Shechen qui offre des soins médicaux aux enfants les plus défavorisés mais qui compte également parmi les rares institutions mettant en place des programmes sociaux à l’attention des communautés locales. Je tiens à féliciter Matthieu Ricard et à le remercier pour son engagement car je le compare aux nombreuses gouttes d’eau qui forment au final de formidables rivières.

LODH participe déjà à des projets caritatifs, quelle est la volonté suivie par le «Charity Trading Week» ?

L’originalité de ce projet réside notamment dans le fait que c’est l’initiative de nos collaborateurs qui est mise au profit d’une cause. Ce projet illustre en outre l’opportunité d’allier finance et responsabilité sociale et reflète notre volonté d’inscrire nos actions de soutien dans une vision à long terme.

Vous semblez également attacher de l’importance au suivi des projets…

Le suivi des différents projets est assuré par notre service sponsoring philanthropie avec le soutien de WISE, une société genevoise active dans le développement de projets sociaux et humanitaires. Grâce à cette collaboration, non seulement nous veillons à la manière dont l’argent récolté est utilisé mais nous offrons également une plus-value aux bénéficiaires des fonds car WISE les conseille pour dépenser ou investir les montants reçus de manière structurée. C’est une véritable satisfaction pour nous d’assister à la concrétisation de tels projets et de suivre leur mise en œuvre sur plusieurs années. Les témoignages reçus jusqu’à aujourd’hui nous ont d’ailleurs confortés dans nos choix.

L’idée d’offrir les commissions boursières pendant une semaine est relativement originale dans le monde bancaire. Pourquoi avoir choisi ce secteur en particulier?

Le négoce d’actions est une activité liée à la Bourse suisse. A ce titre elle est au cœur de notre métier de base, illustre le lien entre nos bureaux de Genève et Zurich, et donc avec notre siège social. La trentaine de collaborateurs concernés s’est d’ailleurs montrée enthousiaste à la présentation du projet.

Quelle somme espérez-vous récolter durant cette semaine?

Il est difficile pour nous d’avancer une fourchette car tout dépendra de la situation des marchés et des volumes générés. Si nous nous fions aux années précédentes le montant réuni se chiffrait tout de même en centaine de milliers de francs.



© Thierry Parel

«(…)Il n'y a rien de plus puissant qu'un entrepreneur social avec une grande idée.»

William Drayton, Chairman, Ashoka